Je dors. Les
traits de la figure s’arrangent dans une expression
qui dit, doucement mais fervent tout le même: «
Non. Je vous prie, ne me réveille pas… »
Parce que La Vie, comme je la connaissais avant de fermer
les yeux, était pleine de ses propres cauchemars.
Mais presque pour me contrarier, il me semble, quelque
chose traduit les horreurs du monde d’événements
extérieurs en pensées qui me hantent à
l’esprit, au cœur. Avec l’œil de
mon âme, je lis l’histoire d’un monde
triste et cassé. Ce monde, dans lequel nous tous
habitons. Les vents m’emmènent aux continents,
qui flottent comme bateaux perdus dans les mers de circonstances
défavorables. Une fois le flanc du monde, la terre
souffre ; elle donne encore des joyaux; mais elle est
à genoux, cette mère crevée ne peut
plus se tenir debout. Elle est fracassée par la
pauvreté, les économies tombent comme le
respect pour le semblable, qui se manifeste dans les guerres,
les jeunes qui perdent les pères, les mères,
les frères. Rien peut me distrait des faits de
terreur, les enfants qui tremblent de peur… et pendant
tout ce temps la terre se chauffe ; sa sueur s’harmonise
avec ses larmes des yeux ; caché dans le tonnerre
d’armes de feu, on peut entendre ses sanglots qui
tombent avec le sang dans les eaux… Ces bateaux
perdus sont ballotés dans les tempêtes d’un
monde en grabuge… et c’est révélé
à nous tous que nous avons besoin d’une nouvelle
direction. Les bateaux perdus doivent se joindre, pour
partager le fardeau qui s’assied sur les épaules
de tous les nations de monde. Il faut trouver, dans un
mot, l’unité. Pour moi, l’Union Européenne
représente cet unité ; elle est le premier
pas, un grand effort de marcher dans une nouvelle direction
– une qui va emmener le monde vers le but ultime,
sous forme des mains jointes – la paix.